Remplacement du chauffage à Genève : règles, solutions, coût et aides

Le remplacement du chauffage à Genève consiste à changer la chaudière ou tout autre générateur de chaleur d'un bâtiment, et la règle cantonale révisée y impose désormais une énergie renouvelable.
En fonction de cette obligation, du coût et des aides, les propriétaires de villa, les copropriétaires en propriété par étages (PPE) et les bailleurs choisissent la nouvelle installation.
Cet article couvre les règles cantonales et leurs exceptions. Il présente les solutions renouvelables, dont le réseau thermique. Il détaille le coût, les subventions, les démarches, le cas du chauffage électrique, l'isolation, le loyer et les impôts.
Que dit la loi sur le remplacement du chauffage à Genève ?
La loi sur le remplacement du chauffage à Genève impose les énergies renouvelables ou les rejets de chaleur à toute installation productrice de chaleur mise en place, remplacée ou transformée.
Cette obligation, fondée sur la loi sur l'énergie (LEn, L 2 30, art. 21), se trouve à l'article 13M de son règlement d'application (REn, L 2 30.01). Issue de la révision du REn du 13 avril 2022, cette règle s'applique aux demandes déposées dès le 1er septembre 2022.
Ce que dit la loi (art. 13M al. 1 REn) : « Lors de la mise en place, du remplacement ou de la transformation d'une installation productrice de chaleur, celle-ci doit être alimentée prioritairement et dans toute la mesure du possible par des énergies renouvelables ou des rejets de chaleur. »
L'office cantonal de l'énergie (OCEN) en contrôle l'application : le propriétaire s'adresse à lui avant travaux. Le droit fédéral n'interdit ni le mazout ni le gaz : la Constitution fédérale (art. 89 al. 4) délègue l'énergie des bâtiments aux cantons.
Quels travaux comptent comme un remplacement ?
Les travaux qui comptent comme un remplacement sont la pose d'un nouveau générateur de chaleur et, sur une installation de 20 ans ou plus, le changement du brûleur ou d'un autre composant annexe (REn, art. 13M al. 3).
Selon l'office cantonal de l'énergie (OCEN), ces composants comprennent notamment, sur une chaudière, les éléments suivants.
- Le brûleur.
- Le régulateur.
- Le corps de chaudière.
Changer des vannes, des gicleurs ou des fixations ne compte pas.
Peut-on encore installer une chaudière à mazout ou à gaz ?
Oui, on peut encore installer une chaudière à mazout ou à gaz à Genève, seulement sur autorisation de l'office cantonal de l'énergie (OCEN) et dans 2 cas de dérogation.
- Impossibilité technique ou économique : aucune ressource renouvelable n'est exploitable à un coût non disproportionné (REn, art. 13N al. 2).
- Plan localisé de quartier (PLQ) : la chaudière tombe en panne dans une villa ou un petit immeuble d'habitation situé dans un PLQ adopté ou mis à l'enquête.
La chaudière fossile admise est soumise à 3 conditions (REn, art. 13N al. 4 et 29B).
- Technologie : chaudière à condensation, à basse température de départ.
- Bâtiment : classe D du certificat énergétique cantonal des bâtiments (CECB), ou norme SIA 380/1 (Société suisse des ingénieurs et des architectes) de 1988 avec 30 % de renouvelable.
- Émolument : 10 francs par kilowatt (250 francs pour 25 kW).
Hors de ces 2 cas, l'OCEN accepte sur demande une production fossile temporaire en cas de panne en plein hiver. L'installation renouvelable doit être en fonctionnement avant la période de chauffe suivante.
Par quoi remplacer un chauffage au mazout ou au gaz ?
Un chauffage au mazout ou au gaz se remplace à Genève par quatre familles de solutions renouvelables : la pompe à chaleur, le réseau thermique, le bois et le solaire thermique en appoint.
Chaque option dépend d'une contrainte du bâtiment.
- Pompe à chaleur air-eau : une place extérieure et un bruit admis chez les voisins.
- Pompe à chaleur sol-eau : un sous-sol où le forage est admis.
- Réseau thermique : une conduite disponible à l'adresse.
- Bois et pellets : un local de stockage, par exemple celui de l'ancienne citerne à mazout.
- Solaire thermique : un toit bien exposé ; selon SuisseEnergie, il couvre environ 60 % de l'eau chaude d'une villa.
L'arbre de décision part de la présence d'un réseau thermique, puis de la place disponible pour une unité extérieure ou un forage, et ne mène à une solution fossile qu'en dernier recours, après dérogation.
Le règlement d'application de la loi sur l'énergie (REn, art. 12I al. 3) limite la température de départ à 50 °C pour des radiateurs neufs ou remis à neuf et à 35 °C au sol, un régime où la pompe à chaleur atteint un meilleur rendement.
Le raccordement au réseau thermique est-il obligatoire ?
Oui, le raccordement au réseau thermique est obligatoire lors du remplacement d'un chauffage dans la zone d'influence d'un réseau thermique structurant (RTS), le chauffage à distance cartographié par le canton.
Le REn (art. 13P al. 2) exempte les villas et les petits immeubles dont la sous-station reste sous 50 kW.
La carte du système d'information du territoire à Genève (SITG) permet de savoir si une adresse est dans la zone d'influence. Selon l'office cantonal de l'énergie (OCEN), les Services industriels de Genève (SIG) répondent par courriel à la demande d'information thermique (DITH) sous 30 jours au maximum.
Combien coûte le remplacement d'un chauffage ?
Le remplacement d'un chauffage coûte de 40 000 à 80 000 francs pour une villa à Genève, selon la solution renouvelable retenue et avant subvention, d'après les ordres de grandeur suisses de SuisseEnergie.
Sur la base des coûts publiés par SuisseEnergie (2024/25) et les SIG (2026), le tableau applique les barèmes GEnergie 2026 à une villa de 10 kW et 200 m² de surface de référence énergétique.
| Solution | Coût d'installation (villa, CHF) | Aide cantonale GEnergie (CHF) | Reste à charge estimé (CHF) |
|---|---|---|---|
| Pompe à chaleur air-eau | 45 000 à 60 000 | 7 000 | 38 000 à 53 000 |
| Pompe à chaleur sol-eau, forage compris | 55 000 à 80 000 | 11 000 | 44 000 à 69 000 |
| Raccordement à un réseau thermique SIG | 70 000 | 10 000 | 60 000 |
| Chaudière à pellets | 40 000 environ | 0 (villa exclue) | 40 000 environ |
Selon SuisseEnergie, le forage des sondes (15 000 à 25 000 francs à lui seul) et l'adaptation des radiateurs à une basse température de départ font varier la facture.
Quelles subventions pour remplacer son chauffage à Genève ?
Les subventions pour remplacer son chauffage à Genève sont celles du programme cantonal GEnergie, géré par l'office cantonal de l'énergie (OCEN), et de certaines communes. Le barème GEnergie 2026 prévoit 4 aides cantonales principales.
- Pompe à chaleur air-eau (M-05) : 3 000 francs + 400 francs/kW.
- Pompe à chaleur sol-eau ou eau-eau (M-06) : 3 000 francs + 800 francs/kW.
- Raccordement à un réseau thermique (M-07) : 8 000 francs + 200 francs/kW.
- Remplacement de chauffages décentralisés (IP-19) : 15 000 francs jusqu'à 250 m², cumulables avec les 3 aides précédentes.
Le graphique trace les trois aides selon la puissance subventionnée : à 10 kW, une villa reçoit 7 000 francs en air-eau, 10 000 francs pour un réseau thermique et 11 000 francs en sol-eau, l'aide sol-eau passant devant celle du réseau vers 8,3 kW.
GEnergie limite la puissance subventionnée à 50 W par m² chauffé, sans dépasser les coûts engagés. La commune de Cologny, par exemple, accorde 400 francs/kW supplémentaires, avec un plafond de 10 000 francs, pour une pompe à chaleur en villa.
La demande doit parvenir à l'OCEN avant le démarrage des travaux : l'OCEN n'attribue aucune subvention a posteriori.
Quelles démarches pour changer de chauffage ?
Les démarches pour changer de chauffage à Genève sont au nombre de 6, dans cet ordre.
- Faites évaluer le bâtiment par un expert CECB ou un conseiller en énergie.
- Comparez plusieurs devis d'installateurs certifiés.
- Déposez la demande de subvention, que l'OCEN doit recevoir au minimum 14 jours avant les travaux.
- Annoncez la pompe à chaleur à l'OCEN en procédure simplifiée (intérieure, ou extérieure de moins de 20 kW, hors bâtiment protégé), sinon demandez une autorisation à l'office des autorisations de construire (OAC), qui répond en 30 jours en procédure accélérée.
- Envoyez l'avis d'ouverture de chantier 14 jours avant les travaux, 30 jours sous autorisation.
- Terminez les travaux sous 24 mois dès la décision de subvention, puis transmettez la déclaration d'achèvement.
La frise reprend les six démarches dans l'ordre, du bilan énergétique à la mise en service, avec la demande de subvention placée avant la commande des travaux.
En propriété par étages (PPE), l'assemblée des copropriétaires vote le remplacement avant la commande des travaux.
Faut-il remplacer un chauffage électrique à Genève ?
Non, il ne faut pas remplacer un chauffage électrique à Genève tant qu'il fonctionne : la loi genevoise ne fixe aucune échéance.
Conformément à l'art. 15B de la loi sur l'énergie (LEn), l'installation d'un chauffage électrique fixe à résistance, neuf ou renouvelé, nécessite une autorisation exceptionnelle, limitée par le REn (art. 13E) aux installations temporaires. La règle s'applique à toute installation fixe à résistance, appoints inclus ; elle tolère sans formalité les installations de moins de 2 kW par preneur d'électricité, dès lors que le bâtiment satisfait aux exigences d'isolation.
Le remplacement s'effectue par une pompe à chaleur ou par un réseau thermique (avec l'aide IP-19 de GEnergie pour les chauffages électriques décentralisés).
Faut-il isoler avant de changer de chauffage ?
Non, isoler avant de changer de chauffage n'est pas obligatoire à Genève, mais cet ordre réduit la puissance à installer et le coût du nouveau générateur.
Selon SuisseEnergie, améliorer l'isolation et remplacer les fenêtres divise par plus de deux le besoin en chaleur. Un indice de dépense de chaleur (IDC) est calculé pour chaque bâtiment chauffé du canton, sauf dispense sous 5 preneurs de chaleur ; au-delà de 125 kWh/m².an, le REn (art. 14) impose un audit. SuisseEnergie recommande de ne pas dissocier l'enveloppe et le chauffage et de les inclure dans une rénovation énergétique globale.
Quelle pompe à chaleur choisir pour remplacer une chaudière ?
Pour remplacer une chaudière, la pompe à chaleur à choisir est l'air-eau si le forage est exclu, la sol-eau si le sous-sol admet une sonde géothermique.
Le service de géologie, sols et déchets (GESDEC) donne son préavis sur chaque forage et tient à jour la carte des secteurs interdits, au-dessus des nappes d'eau potable. L'unité extérieure d'une pompe à chaleur air-eau doit respecter chez les voisins les valeurs de planification de l'ordonnance fédérale sur la protection contre le bruit (OPB).
Le bailleur peut-il augmenter le loyer après un changement de chauffage ?
Oui, le bailleur peut augmenter le loyer après un changement de chauffage, pour la seule part des travaux qui crée une plus-value ou une amélioration énergétique.
Selon l'art. 14 de l'ordonnance sur le bail à loyer et le bail à ferme d'habitations et de locaux commerciaux (OBLF), la part de maintien de l'état initial est exclue de la hausse et les subventions reçues en sont déduites. L'État limite le nouveau loyer pendant 3 ans en cas d'autorisation délivrée selon la loi sur les démolitions, transformations et rénovations de maisons d'habitation (LDTR).
Les travaux de chauffage sont-ils déductibles des impôts ?
Oui, les travaux de chauffage sont déductibles des impôts comme frais d'entretien d'un immeuble privé, à l'impôt cantonal comme à l'impôt fédéral.
La part subventionnée ne se déduit pas et le solde non absorbé se reporte sur les 2 périodes fiscales suivantes (art. 34 de la loi genevoise sur l'imposition des personnes physiques [LIPP], art. 32 de la loi fédérale sur l'impôt fédéral direct [LIFD]). À compter de la période fiscale 2029, la déduction des frais d'entretien disparaît pour le logement occupé par son propriétaire ; le Conseil d'État genevois envisage de garder, à l'impôt cantonal seul, celle des investissements énergétiques.
